CROYANCES

CROYANCES
CROYANCES

Vous ne me ferez pas passer sous l'escabeau
C'est comme sous le joug ou pire la férule
J'évite les pébrocs ouverts en vestibules
De peur que dans le lot l'un d'eux me troue la peau

Le vert proscrit ne sied pas à mon matricule
Car à tenter le diable on croise son jumeau
Se lever du pied gauche augure d'un râteau
Pas mieux pour le chat noir et autre tarentule

J'ai toujours l'impression d'être un peu ridicule
Face aux miroirs brisés à coller les morceaux
Ou au pain retourné que je signe au couteau

Chaque vendredi treize habillé en vieux beau
Je tourne le dos rond comme une molécule
Agité quand je vois sur mon lit un chapeau

Le mardi 16 décembre 2008 © Erdrek
# Posté le mardi 16 décembre 2008 15:57

TROU DE SERRURE

TROU DE SERRURE
Trou de Serrure

Combien de fois je fus tenté
Par l'orifice des serrures
A de sordides aventures
Menant à la lubricité

Mais une brusque cécité
Afin d'échapper aux bavures
Venait masquer de sa censure
Mes yeux exempts de dignité

J'imaginais une cambrure
Qui me fit grimper le mercure
Etourdi par ta nudité

Rêvant parfois qu'à l'embrasure
Ton corps ainsi qu'une sculpture
M'apparut en totalité

Le mercredi 3 décembre 2008 © Erdrek
# Posté le mercredi 03 décembre 2008 16:27
Modifié le vendredi 26 décembre 2008 10:36

UNE VIE

UNE VIE
UNE VIE

Lutter contre le temps en baisers fraternels
Ça le fait suffoquer, car il n'est pas de taille
Il doit se délecter du sang de la grisaille
Dont il ne connait pas les effets graduels

Ses bronches de cristal se fendillent au gel
L'air froid est un couteau pour des milliers d'entailles
Au point que respirer lui brise les entrailles
S'il pouvait seulement sublimer son scalpel

Il aimerait mourir sans que ce soit cruel
Parfois juste dormir comme fait la canaille
Mais ne peut fermer l'½il toujours pris en tenaille

Danser avec le vent est un plaisir charnel
Mais sait-on ce que c'est qu'être un homme de paille
Un poisson hors de l'eau qui n'aurait pas d'écailles

Le lundi 1er décembre 2008 © Erdrek
# Posté le lundi 01 décembre 2008 08:14
Modifié le lundi 01 décembre 2008 09:24

MONA

MONA
MONA

Aux vieilles de Goya et autres haridelles
J'ai toujours préféré les beaux yeux d'une Elsa
Les fesses de Gala, les pieds-beaux d'une Isa
Et même une Giselle en sa ronde mortelle

Ah si Mona lisait ce que j'écris sur elle
Pas sûr qu'elle apprécie ni même le prisa
Car son portrait singé trône dans mi casa
Grasse comme un loukoum sosie de Gargamelle

La belle idolâtrée que tout paralysa
Du sourire figé aux poils dessous les bras
N'est plus cette Joconde aux traits de jouvencelle

Mais j'aime ses rondeurs et des yeux la prunelle
L'artiste pointilleux qui l'immortalisa
Ne fit pas qu'un envieux lorsqu'il la balisa

Le samedi 29 novembre 2008 © Erdrek
# Posté le samedi 29 novembre 2008 04:54
Modifié le vendredi 02 janvier 2009 12:12

MAL COMME

MAL COMME
Mal comme

Y'a des jours comme ça où j'ai envie de rien
Juste de rester seul sans qu'aucun ne me tanne
Sur mon lit qui fait corps comme une autre membrane
A ma peau de chagrin dont je suis le gardien

Car je veille sur moi comme ferait un chien
Que je suis devenu, ces lieux sont sa cabane
Et le bruit incongru de mes propres organes
M'a rendu différent de mes concitoyens

Si donc ma bouche ourlée d'un simple filigrane
Laisserait à penser que parfois je ricane
Ce rire il ne faut pas croire que c'est le mien

Alors qu'au loin j'entends passer la caravane
Je me mets à hurler cela me fait du bien
Mais ne vois rien venir où es-tu ma s½ur Anne ?

Le dimanche 16 novembre 2008 © Erdrek
# Posté le dimanche 16 novembre 2008 16:46